Le Jas de Fréderic

 

Nos anciens savaient faire !  La bâtisse est simple, rustique et belle et s'intègre joliment dans la nature environnante. Les pins et la garrigue entourent cet espace dégagé d'où l'on aperçoit la Méditerranée et le Cap Sicié. Ici, tout est calme, harmonieux, accueillant et on a envie de rester là, un moment ...

 

Oui, nos anciens savaient faire et, en particulier, choisir les lieux nécessaires au repos des animaux et des hommes quand ils sont ensemble dans la colline. Sur le chemin des transhumances, proche d'une source, à proximité de quelques pâturages et voilà, la décision est prise de construire un "jas".

Les érudits nous apprennent que le "jas" est une bergerie à l'écart des fermes. Etymologiquement, c'est un lieu de repos, un lieu où "on s'étend". Les racines sont les mêmes que celles du verbe "gésir" ou bien de "gîte" qui évoque le refuge où l'on se sent bien protégé.

Aujourd'hui, le Jas de Fréderic justifie pleinement son existence puisqu'il accueille les randonneurs-transhumants que nous sommes pour se restaurer et se reposer. Les senteurs du barbecue de Jean Paul et Jacques (sans oublier Jean Louis et Jean-Claude) nous ouvrent l'appétit et les salades, grillades et douceurs nous régalent. Et puis, évidemment, le rosé (ou autres bonnes bouteilles) était ... joyeux !  Oui, la bonne humeur est là  et le plaisir d'être ensemble s'exprime volontiers. Moment précieux, s'il en est ...

Ici, sur le flanc sud de la Sainte Baume, ces lieux semblent ne jamais avoir été touchés par la civilisation. Pourtant, ces collines furent l'objet, entre Moyen Age et dernière guerre, d'une intense activité. Au delà des Bergersbergers, c'était le lieu de travail des bûcherons, Bucheronsdes charbonniers, des résiniers et des enguentiers (fours à cades), sans parler des travailleurs des glacières et aussi des charretiers (indispensables à chacune de ces activités). En effet, la forêt faisait vivre bon nombre de familles mais elle en subissait aussi les conséquences. Les bergers défrichaient ou brûlaient pour créer les pâturages. Les bûcherons et les charbonniers coupaient le bois de manière incessante, pour la construction et le chauffage. La colline s'en Charbonnierstrouvait, ainsi, souvent dénudée et quand les enguentiers n'avaient plus ni bois de chauffe ni genévrier oxycèdre à traiter, et bien ils démontaient leur four à cades pour le reconstruire un peu plus loin, là ou subsistait encore de quoi travailler. C'est ainsi que, Enguentierscontrairement à quelques idées répandues, la forêt était naguère bien moins présente qu'aujourd'hui. Dans nos régions, il suffit d'observer les photos prises il y a un siècle, par exemple et de regarder les mêmes lieux aujourd'hui pour s'en convaincre. Ce n'est qu'au 19ème siècle que les prises de consciences émergent et que le reboisement façonne les paysages d'aujourd'hui.

Voilà, les époques se succèdent, les activités évoluent, mais les traces du passé nous racontent ce qu'était la vie de nos anciens. Ce n'est pas si vieux : mon grand père, qui a commencé sa vie d'homme comme marchand de toiles, de fermes en fermes, me racontait des choses semblables et ma vie de petit garçon était rythmée par le son de l'enclume de notre voisin, le forgeron du village. Pourtant, ces traces du passé disparaissent au fil du temps ...  mais, Dieu merci, des initiatives privées ou publiques, y remédient parfois. Ici, il semble que ce soit l'ONF (Office National des Forêts) qui ait confié à un chantier de jeunesse la réfection du Jas de Fréderic. Renseignements pris, ce sont les "Compagnons Bâtisseurs" Compagnons batisseursqui, en 1992 je crois, ont soigneusement rénové la bâtisse avec grand respect pour la construction de l'époque. J'ai bien aimé découvrir que cet organisme, né à l'après-guerre dans le Benelux, avait comme raison d'être (à l'époque) d'aider les familles à reconstruire leur maison endommagée dans les conflits.

Il est à noter que ces organisations de jeunesse et de service volontaire ont aussi la grande vertu de réunir des bénévoles de tous horizons et ainsi favoriser rencontres et mélanges de cultures. De plus, il semble que la philosophie des "Compagnons Bâtisseurs" soit de proposer à ses adhérents de devenir des CRACSCRACS (non, non, il ne s'agit pas de devenir des "Chevaliers Recherchant Avidement Compagnes Sensibles ...).

Les CRACS sont des Citoyens Responsables Actifs et Critiques et Solidaires ! ...

Beau et indispensable programme en ces temps troublés et de perte de valeurs dans notre société ... Ainsi, le Jas de Fréderic nous semble encore plus élégant ....

Merci pour votre attention et à bientôt pour de nouvelles aventures !

 

Alain Frébault le 12.04.2016

Alain Frébault - Conteur des sentiers   Conteur de sentier

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