Camargue

De Caïus Marius à La Palissade

Dénivelé ?, dénivelé ? voilà un mot inconnu des camarguais et nos petites jambes ont apprécié, dans une nature vierge, une ballade sans difficulté aucune.
 

 

 

Je ne saurai pas vous parler de l’avifaune (comme ils disent …) et d’ailleurs, les oiseaux l’ayant bien compris (et, sans nul doute vexés …) ne se sont guère montrés. Cependant, chacun sait que nous étions dans l’un des quatre « Motels » européens pour volatiles migrateurs. En effet, quelle belle étape ici, pour se restaurer et se reposer, après avoir suivi le sillon rhodanien et avant d’atteindre les lieux de vacances hivernales en Afrique du Nord. Oui, quatre grandes zones d’accueil, toutes des embouchures de fleuves importants, comme celle du Guadalquivir près de Séville, du Pô près de Venise et puis celle du Danube sur les rives de la Mer Noire.

Nous voilà donc dans quelques lieux improbables où, depuis des millénaires, un fleuve tumultueux et mer et vents, parfois violents, s’affrontent. Terres mouvantes, où eaux douces et salées se mélangent, ces contrées ont toujours été en permanents changements. SansouïreA l’époque, l’homme est rare dans ces dangereux marécages voués à la chasse et la pêche. Pourtant les intrépides Phocéens y installèrent leur camp situé le plus à l’ouest par rapport à la future Marseille. Il semblerait même qu’il fut dirigé par le Général Caïus Marius, ce qui expliquerait le nom de Camargue, aujourd’hui usité.

L’année 1855 marque les populations environnantes avec ses terribles crues. Il faut dire que ce qui préoccupait, à l’époque, c’était la navigation Rhône – Méditerranée et le difficile lien entre les deux. Il fut donc décidé l’édification de digues de part et d’autres du Grand Rhône et du Petit Rhône et, au Sud, la Digue à la Mer. Ces grands travaux furent achevés vers 1870 et générèrent une meilleure stabilité de ces zones humides. Dès lors, deux Camargue se côtoient et prospèrent :

  • celle du Nord, agricole (céréales, riz …) avec ses besoins en eau douce (irrigation pour dessaler la terre)
  • celle du Sud, salinière, avec nécessité d’eau de mer

Cependant, la région reste fragile. Pour s’en convaincre, Il suffit de voir les industries omniprésentes à l’Est du delta et puis, la pollution du Rhône, la montée des eaux qui grignotent les plages du Sud et même la démoustication qui fait polémique du fait des risques de déséquilibres écologiques.

Domaine de la PalissadeAujourd’hui, nous sommes sur le domaine de La Palissade qui présente une histoire singulière. En effet, ces lieux constituent l’extrême Sud de la Camargue et côtoient l’embouchure du Grand Rhône. A cet égard, l’instabilité due aux éléments devait y être forte. A l’époque cette zone était une île formée par l’existence de trois bras du fleuve : le Grau de Piémenson (que nous avons longé sur sa droite pour nous rendre, en fin de journée, sur la plage) ainsi que deux autres. Comme évoqué plus haut, les embarcations avaient de la difficulté pour franchir la « barre » se formant entre le fleuve tumultueux et la mer violente. L’idée est donc venue de neutraliser les deux premiers au bénéfice du troisième afin de lui donner plus de force pour permettre aux bateaux de pénétrer en mer. C’est ainsi que furent élevées les mini-digues nommées « palissades » sur lesquelles nous marchons aujourd’hui.

Et puis en 1909, un amoureux de la nature fortuné fit construire cette maison de style hispano-mauresque près de laquelle nous avons garé nos voitures. Les propriétaires successifs ont toujours souhaité conserver cette nature vierge. Bien qu’en 1963 la route que nous avons suivie fut construite (et ainsi on ne parle plus d’île …), en 1976, le Conservatoire du Littoral achète le domaine et le protège ainsi de toutes les dérives spéculatives fréquentes dans notre société. Grâce à ces circonstances, le domaine de La Palissade semble rester l’une des zones les plus sauvages de la Camargue.

Aujourd’hui, nous avons donc rendu visite à la Camargue originelle. Dans les marais, près des étangs et surtout, en fin d’après-midi, sur la plage du Piémenson, sous un ciel se confondant avec la mer, le poète nous a soufflé à l’oreille : « ici, nul relief, nulle stabilité, nulle certitude ne limitent notre soif d’imaginaire ».

Merci pour votre attention et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Alain Frébault le 16.11.2012

 

Plage du Piémanson

 

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