Vallon des martyres

En Janvier 2013, le Conteur de sentier avait déjà parlé du "Vallon des martyrs" et de "Manon des Sources".

 

Aujourd’hui : « séquences émotions »

 

Pour cette première rando de l’année on a repéré, sur notre site préféré : « Vallon des martyrs à Signes » (? …). En ce début d’après-midi, en arrivant dans cette belle forêt de pins non loin du circuit automobile du Castellet un panneau confirmait la destination : « Mémorial national ». Alors, on se doute bien qu’en ce lieu, quelque évènement dramatique a dû se dérouler.

 

En voici l’histoire : elle commence un jour d’été 1944, le 18 Juillet précisément. Ce n’est pas de l’histoire ancienne et pour beaucoup d’entre nous, nos parents ont vécu cette époque. Pour ma part, j’avais un 1 an et demi, c’était donc hier.

Ce jour là, Maurice Percival, bûcheron de son état, rejoint quelques tâches qui l’attendent dans les collines quand soudain, il lui semble entendre un chant. Il s’arrête, écoute, avance et puis, plus distinctement, il reconnaît « La Marseillaise » chantée par des voix d’hommes. Qui pouvait être assez fou pour chanter ainsi dans une région truffée de soldats ennemis ? D’autant plus que ces derniers étaient passablement « énervés », au moins pour deux raisons :

  • Le débarquement de Normandie avait eu lieu quelques semaines avant : le 6 Juin 1944
  • Entre Signes et Riboux, il y a beaucoup de forêts et de grottes offrant de nombreux refuges aux résistants.

Notre homme, très intrigué, progresse prudemment et soudain, aperçoit un vallon en contrebas. Immédiatement, il s’accroupi t et c’est en rampant qu’il peut voir un groupe d’hommes creusant un grand trou, sous la surveillance de soldats armés. A y mieux regarder, il remarque que les hommes qui travaillent sont fatigués, blessés, certains sont même en sang. Pétrifié, Maurice Percival n’entend pas qu’on arrive derrière lui. C’est un coup de pied dans ses jambes qui le fait sursauter ! Un soldat ennemi, la mitraillette pointée se dresse là au-dessus de lui. Les deux hommes se fixent longuement, le temps parait une éternité et soudain …un évènement incroyable arrive. Avec un fort accent polonais, le soldat dit « raus » (déguerpis !) Notre homme ne demande pas son reste et s’enfuit rejoindre son village où, plus tard, il témoignera.

L’explication de ce « miracle » réside probablement dans le fait qu’il pourrait s’agir d’un polonais enrôlé de force dans l’armée allemande. Tout ceci est une histoire vraie que j’ai pu lire sur plusieurs documents distincts !

Ensuite, c’est le fils de Maurice Percival qui racontera à son tour et contribuera ainsi à comprendre l’évènement dont fut témoin son père. Ce jour là c’étaient 29 résistants qui avaient été amenés en ce lieu après avoir été torturés par la « gestapo » au 425 rue Paradis à Marseille. Ceci explique l’état des hommes qui creusaient leur dernière tombe.

Quelques jours après, le 12 Août 1944, ce sont 9 autres résistants qui subissent, au même endroit, le même sort.

Oui, évènements dramatiques quand on sait que le débarquement de Provence intervient le 18 Août 1944 et que le 20, Signes était libéré.

Oui, évènements dramatiques quand on découvre en Septembre, après exhumation des corps, que plusieurs d’entre eux (malgré l’exécution par arme à feu) étaient encore vivants au moment de leur ensevelissement .

Oui, évènements dramatiques quand on apprend qu’il semble que ce soit un officier de l’armée française qui, moyennant quelque argent, ai permis l’arrestation des résistants en question .

Voilà, c’est le devoir de mémoire, responsabilité de chacun d’entre nous (particulièrement auprès de nos enfants et petits enfants) qui me conduit à raconter et aussi à dire « plus jamais ça » !

Mais, si vous le voulez bien, terminons sur une note plus légère, vous savez, ces petits riens qui contribuent au bonheur de vivre. En effet, c’est aux alentours, dans cette magnifique nature provençale, qu’en 1985-1986, Claude Berry a choisi de tourner quelques plans de « Jean de Florette » et de « Manon des Sources ». Beaucoup d’entre nous se souviennent, avec joie et émotion, de :

  • Jean de Florette – Gérard Depardieu
  • Manon des Sources – Emmanuelle Béard
  • Le Papé – Yves Montant
  • Ugolin – Daniel Auteuil

C’est, par exemple, devant la grotte du « Vieux Mounoï » toute proche, que fut filmée la séquence où Manon recherchait son chevreau et découvrait la source qui alimentait la fontaine du village. On sait qu’ensuite elle boucha cette source pour venger la mort de son père.

Chateau RenardEt puis, un peu plus tard, nous faisons une pause à « Château Renard ». Quel lieu charmant ! baptisé dans le film « Bastide des Romarins » où Jean de Florette avait installé sa famille. C’est là, bien sûr, que Ugolin cultivait ses œillets : on voit toujours le petit champ abandonné en contrebas de la bâtisse . Qui ne se souvient de la merveilleuse réplique d’Ugolin à qui on avait dit que ses cultures étaient vraiment authentiques et qui répétait fièrement « je cultive de l’authentique » ! Destin tragique pour notre Ugolin, homme simple et amoureux de la belle Manon mais d’un amour impossible évidemment et c’est ainsi qu’il choisi de se pendre à un arbre près de la bastide …

Voilà, c’étaient nos séquences émotions du jour. La rando, comme chacun le sait, c’est beaucoup plus que marcher !

Merci pour votre attention et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Alain Frébault

le 13 Janvier 2013

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