Massif de marseilleveyre

Marseilleveyre

c’est « Marseille voir » ou « Marseille vieux » ?

 

Qui ne connaît ce beau massif au sud de Marseille, point d’entrée des calanques et offrant une vue incroyable qui nous rappelle le bonheur de contempler la nature et la vie qui nous entoure ?

Nul besoin d’être grand érudit pour admettre que l’étymologie de Marseilleveyre ou Béouveyre (les deux plus hauts sommets du massif) est « voir Marseille » ou « belle vue ». D’ailleurs, Wikipedia confirme cela en s’appuyant sur les écrits provençaux de Frédéric Mistral : « Marsiho vèire » … alors si ces deux là le disent, on ne va pas chercher ailleurs, n’est-ce pas ?

 

Pourtant, à l’occasion d’une randonnée en ces lieux, Michel a proposé une autre explication qui, je crois, mérite d’être écoutée. Tout d’abord, une Marseille en 1734carte datant de 1734 (époque de Louis XV) mentionne clairement à cet emplacement « Marseille le vieux » (très distinct de l’agglomération de Marseille de l’époque, regroupée autour du vieux port)... Ensuite, des recherches archéologiques montrent l’existence d’habitats anciens en ces lieux (bien avant la création, il y a 2600 ans, de Marseille par les Grecs).

En effet, il y a 3000 ans c’était l’époque de « nos ancêtres les gaulois » dont les Celto-Ligures occupaient les régions du sud de la Gaule. En Provence, on les appelait les Salyens et les Ségobriges, tribu Salyenne, vivaient dans la région de Marseille. Alors donc, ce peuple barbare Ségobriges avait établi des oppidums (des villages) sur les flancs de Marseilleveyre (et évidemment près des sources existantes). Quatre sites ont été fouillés et attestent de leur présence :Fontaine de Voire

 

  • Pastré près de Montredon
  • Fontaine de Voire près du Roy d’Espagne
  • Vallon du Segond près du Col de Sormiou
  • Vallon Saint Michel près de Callelongue

Sur chacun de ces sites existaient, encore au 19ème siècle, des murs avec d’énormes pierres. Ces murs « Salyens » ont disparu à cette époque au bénéfice de constructions nouvelles. A l’évidence, il s’agit donc là d’une concentration de population dans un lieu stratégique (permettant de surveiller d’éventuelle invasions venant de la mer). Un autre signe étonnant : Tiboulen, petite île voisine de Maïre et portant un nom grec signifiant « face à la ville ».

Est-il besoin de rappeler, qu’il y a 2600 ans les Grecs recherchaient des sites pour développer leur commerce ? C’est là que la légende (ou l’histoire ?) raconte que le commandant d’une flotte de « pentacontéres » (vaisseaux Grecs à voile et à rames) Pentacontére grecquenommé Protis rencontra le roi Nann des Ségobriges. Il se trouve que ce Protis, certainement très séduisant, fut choisi comme époux par Gyptis, fille de Nann et que l’évènement est situé à la « Fontaine de Voire » … ! La dot fut la calanque du Lacydon (aujourd’hui appelé « Le Vieux Port »). C’est ainsi que la population locale a cédé une partie de son territoire (moyennant probablement quelques solides contreparties …) et que fut scellée l’union entre Ségobriges et Phocéens donnant naissance à la ville commerçante de Marseille

Alors voilà, l’étymologie « Marseille le vieux » est une interprétation fort crédible et aujourd’hui (comme tous les jours) j’ai appris quelque chose . Au demeurant la vérité n’est peut être nulle part et bien évidemment ces interprétations ont été faites par les hommes et leur subjectivité. C’est en ce sens qu’elles sont toutes les deux intéressantes.

Merci donc à Michel et à tous pour votre attention et puis à bientôt pour de nouvelles aventures !

 

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